Voyage au pays des Indiens

10517278_1506953389537033_4801802404517129716_oTout au long de notre voyage, nous avons eu le temps d’élaborer plusieurs théories. Si des gens se demandent ce que l’on peut bien trouver comme occupation lorsque l’on est lancé à plein régime à du 7 Km/h, on réfléchit, parle, raconte des blagues, chasse les mouches et les taons du dos des poneys (à l’aide d’une tapette géante), on fouille le chien, ou on regarde le paysage, plus ou moins beau selon les pays. Nos théories sont tantôt farfelues, tantôt un peu moins. En Slovaquie, nous avons pu élaborer celle du Cercle.

Celle-ci veut que lorsque l’on rencontre quelqu’un, par voie du hasard, de gaillardise ou simplement en montant dans le premier bus qui se présente, il nous présente quelqu’un dans le village d’après, lequel nous accueille pour une nuit et nous renseigne une autre personne pour l’étape suivante, et ainsi de suite. Nous avons déjà expérimenté ce phénomène en Hongrie, mais dans une moindre mesure. En Slovaquie, un cercle nous a tenu en haleine durant trois semaines, et ce pour rouler une centaine de kilomètre, même pour une bande de chèvre comme nous c’est lent.

10500522_1506292506269788_3228454148286573153_nEn effet, nous aurions pu parcourir la Slovaquie en une semaine, mais nous avons pris notre temps. L’histoire se répète. Je m’explique sur cette situation. Tout d’abord, nous avons pris énormément de plaisir à traverser ce pays. Notre arrivée dans le pays fut idyllique. Il faisait beau, des amis étaient avec nous (Big up), de la musique s’échappait de haut-parleurs dans les rues, nous retrouvions une langue slave plus aimable que le hongrois auquel nous n’avions pas su nous habituer malgré notre bonne volonté. Comme pour confirmer ces bonnes dispositions, nous avons rencontré un citoyen plutôt accueillant dès le premier village traversé, Trstené. A peine nous eut-il aperçus qu’il nous offre à boire dans un moment où nous n’en avions vraiment pas besoin. Au final, nous avons logé trois jours chez lui. Ça commençait bien.

10535622_1506953799536992_7425908240111386424_oQuelques semaines s’écoulèrent durant lesquelles nous avons multiplié les bonnes rencontres lorsque, arrivés dans le bled de province de Secovce, nous nous sommes mis en quête d’un manège. C’est une tactique efficace pour ne pas devoir s’inquiéter des chevaux durant la nuit, recevoir de l’avoine ou un bon conseil. Ô joie, il y en avait un. Étonnement, la responsable nous attendait sur le seuil (chose que nous ne pouvons toujours pas expliquer aujourd’hui) et nous a menés chez un couple que nous nommerons Tarzan et Jane pour préserver leur anonymat, vous allez vite comprendre pour quelles raisons. Ils vivent complètement reclus, à l’écart du monde civilisé, dans une maison construite par leur soin (argile, chaux, une seule grande pièce), passant leurs soirées à boire de l’hydromel fait maison dans un tipi au fond des bois. Après une soirée – mémorable – et deux journées passées chez eux, à apprendre plus de choses sur la vie en plein air qu’en regardant un épisode de La petite maison dans la prairie, ils nous ont renseigné des personnes qui pourraient nous accueillir avec les chevaux dans la ville plus loin. Nous sommes restés 5 jours chez eux car ils étaient vraiment sympathiques et parce que la coupe du monde débutait. Cette famille nous a présenté d’autres indiens dans la localité suivante. Dieu, que le voyage se simplifie lorsque l’on sait où loger.

Deux explications sont de mises : mais alors pourquoi autant trainer ? Et c’est quoi leur problème avec les indiens à ceux-là ?

Pour répondre à la première, il y eut plusieurs facteurs qui se sont entremêlés. Nous avons apprécié la chaleur et l’hospitalité des habitants. Quel accueil formidable nous avons reçu dans ces superbes contrées semi-montagneuses. Un deuxième élément est la chaleur. Lorsqu’il fait 30° à 9h du matin, il nous est impossible de continuer. Cela nous forçait donc à nous lever à 5h, partir à 6 et s’arrêter à 9. Pas facile, surtout lorsque l’on rencontre des gens sympas qui nous accueillent dans leurs tipis. Un troisième élément, et non des moindres serait la beauté des paysages et la splendeur de la nature slovaque, collines, montagnes, faunes et autres. Nous avons beaucoup trainé près du village d’Ol’ka car ce furent les premières dénivellations que nous rencontrâmes après plus d’un mois passé dans une plaine infinie. Enfin, il faut aussi signaler des facteurs externes comme la coupe du monde (qui nous a fait passer beaucoup de temps au café) et la venue de copains/copines (qui nous a fait passer beaucoup de temps au café aussi).
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Quid des indiens du coup ? C’est très simple. En Belgique, les gens font des camps scouts pendant l’été. En Pologne, ils font des camps catholiques. En Slovaquie, ils font des camps d’indiens. Du coup, lorsque les esprits murissent et s’assagissent, ils construisent des tipis dans le fond de leur jardin, y fument le calumet de la paix, ils cultivent des plantes médicinales, font des rites chamaniques au milieu des bois et récitent des incantations magiques le jour du solstice d’été. Que de plus pour nous plaire ? On a appris ainsi que la plupart des équipements de films de Western (comme Danse avec les Leus) a été fabriquée en Slovaquie.

Nous sommes dorénavant en Pologne, nous sommes désormais 6 et plus immobile que jamais. Tout se passe cependant pour le mieux, toutefois vous recevrez plus d’explications dans l’article suivant. Bonjour ou bonsoir si vous êtes à table. Bon dimanche si c’en est un.

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