Chronique de la construction d’une roulotte

Roulotte6
Très distinctement, la première phase de notre ambition hippique s’est achevée par la pose du dernier cadenas, l’installation de la radio et des panneaux solaires ainsi que par le chargement de notre merveilleux carrosse.

Avant d’en arriver là, une série d’étapes intermédiaires et rocambolesques se sont succédées ; lesquelles témoignent probablement de notre talent à tout renverser ou à tout faire de travers. Par exemple, afin de pouvoir faire face à des prédateurs en tout genre, nous avions également eu l’idée d’installer une barre coulissante de métal contre la porte, bloquant ainsi l’ouverture depuis l’intérieur. Il fallait un mécanisme savant, opéré depuis le dessous de la roulotte par des initiés, pour pouvoir la décoincer. Celui-ci consistant à repousser cette dite bar par une tige de métal du diamètre idoine au travers d’un orifice d’où descendait la barre, Après une demie heure passée dans la boue à s’époumoner afin de la déchausser, nous avons décidé de condamner la barre et de la laisser là en signe de notre maladresse et fainéantise. Depuis, elle sert à accrocher nos chaussettes. Ainsi dit, ceux qui nous lisent car l’appel de l’aventure tiraille les entrailles et qui désirent également se ruiner pour entreprendre un voyage aussi lent qu’incertain, nous ne pouvons malheureusement vous être d’aucune aide.
Roulotte15
Nous pouvons en vouloir à deux aspects de notre intellect pour notre gaucherie. Soit que nous avons suivi ce que nous pensions être notre instinct de manuels, lequel se révéla en fait un savant mélange de créativité et de pure improvisation pour lesquels aucun plan n’était nécessaire ; soit il s’agit d’une heureuse imprécision volontaire. En réalité, le maitre de la réussite de ce chantier fut extérieur à nos personnes, le crédit allant alors à l’habileté et à la disponibilité de nos amis et familles.
roulotte2
Il est incroyable de constater que l’aide que nous avons reçue soit venue de milieux si distincts. D’un simple conseil suggérant l’installation d’une éolienne sur le toit à la fabrication active de pans entiers de la roulotte, en passant par des travaux de peinture ou de couture, de nombreuses personnes ont apporté leur pierre à l’édifice, sans oublier l’amoncellement de matériaux que nous avons reçus de nos familles et de sponsors. Cependant, nous devons particulièrement en remercier trois qui dans les deux derniers jours nous ont soutenu plus que jamais.

Thomas Hanosset, réparateur d’éoliennes à ses heures perdues, est l’électricien de la roulotte. Grâce à lui, la lumière fut grâce à un système dont nous ne maitrisons pas encore tous les secrets. Dorian Fastre-Toussaint, menuisier et futur constructeur de roulottes en tout genre, nous a apporté sa contribution d’un bout à l’autre du projet, que ce soit en temps, en investissement ou en talent. Enfin, Marcel-Marie Vincent (Tigre de son totem) a été l’espace d’un week-end le conducteur de notre roulotte afin de l’emmener en Terre Promise. Incroyablement amical, altruiste et aventureux, il a relevé le challenge de prendre en charge notre convoi exceptionnel sur 1500 Km. À l’heure où j’écris ces lignes, je dois lui apprendre que le sprint final n’en était pas un et qu’une heure de voiture supplémentaire sera nécessaire afin que nous puissions atteindre notre but.

Roulotte5
Heureusement que sa femme Françoise s’est occupée de l’intendance, sinon je finirais dans son assiette.

Nourris un cheval comme un frère, mais monte-le comme un ennemi.
Proverbe croate

Une aventure commence …

Chers tous, amis, familles, animaux et autres,

En ce mois de février, Clément et moi allons nous lancer dans une nouvelle aventure. Défiant les plus sceptiques, surmontant des difficultés techniques inintelligibles pour deux singes avec des chapeaux comme nous, débauchant tous azimuts du matériel en Brabant-Wallon et ailleurs, la Roulotte avec un grand « r » se met en état de nous héberger petit à petit. Après avoir enchainé de nombreux travaux afin de transformer ce chariot à foin en confortable petite maison, le gros oeuvre est maintenant bientôt terminé. Les préparatifs du départ défilent les uns à la suite des autres, mais beaucoup reste à faire.

1524759_1431260127106360_325570725_n

Alors, avant toute chose, bienvenu sur ce blog ! Nous l’avons réalisé dans l’espoir de vous tenir au courant de nos différentes aventures turco-balkaniques. Vous y trouverez des informations figées, telle que la composition de l’équipe (en espérant que personne ne disparaisse en chemin), le projet (sauf si nous abandonnons) ou les sponsors (quoi que…) ainsi que des sections se renouvelant et se mettant à jour, comme les articles (sinon inutile de faire un blog), les photos et, je dois vous le concéder malheureusement, l’itinéraire bien sûr. Pour l’instant, rien n’est certain, si ce n’est que nous partirons de Sisak et que notre voyage arrivera à son terme quelque part en Turquie, entre Istanbul et Antalya, entre Edirne et le lac de Van. Bref, ce blog sera un sacré fatras.

Clément et moi-même nous relaieront afin de divertir amis, familles, animaux et autres durant toute la durée de notre périple voyage. Tant et si bien que nous parviendrons à trouver du wifi chez nos hôtes ou que nous aurons la chance de tomber sur un cybercafé, rencontre dont la fréquence ne devrait pas être très élevée au vu des chemins empruntés. En effet, pour ceux qui n’avaient pas tout à fait compris là où on voulait en venir, nous voyagerons à une vitesse variant entre 5 Km/h et 10 Km/h (lorsque nous serons vraiment pressés de manger). Par conséquent, nous ne pourrons pas nous écarter des voies romains, sentiers de traverse et autres routes secondaires. Ceci permettra deux choses certaines : nous enseigner la patience et faire des rencontres exceptionnelles avec les locaux. 

Merci pour la lecture et à bientôt sur nos antennes !

« Lorsque les résidents sont modestes, la maison est bien assez grande »
Proverbe serbe